JEUDI 5 NOVEMBRE

FRAC - 18h

 

«Colons contre zombies : Petit guide folklorique de la main invisible et de la main d’œuvre à l'usage du capitaliste»

Avec Arnaud Dejeammes, théoricien de l'art et commissaire d'exposition, chargé de recherche pour l'exposition Folklore (Centre Pompidou-Metz, Mucem)

Le zombie fait son apparition dans les recueils folkloriques européens du temps de l'invention des nations – mais aussi des peuples. Il commence à hanter l'imaginaire du folklore colonial au moment où les puissances dominantes industrialisent et théorisent leur modèle économique qui, tout en s'enracinant au cœur de l'exploitation esclavagiste, convoque un vocabulaire lié au fantôme et au spectre : tandis que la main d'œuvre s'invisibilise, une main invisible régule le marché. 

Aujourd'hui métaphore de consommateurs compulsifs décérébrés, ou d'entités endettées et insolvables alimentées par des flots de crédits illimités, le zombie porte-t-il encore les traces d'un passé colonial, d'un folklore de dépossession et de dépersonnalisation ? 

A travers une histoire croisée de l'art, des représentations, des idées et de l'économie, « Colons contre zombies » propose une brève excursion sur près de deux siècles à la découverte de cette figure de l'asservissement laborieux dépourvue de volonté. Un retour des morts-vivants est-il à craindre ?" 

«Et si le Christ avait été mis au tombeau vivant ? Un Zombie est un mort revenu à la vie»

Avec Françoise Gaillard, historienne des idée.

 

On connaît ce tableau du Caravage, d’un réalisme puissant, qui montre Thomas l’incrédule enfonçant son doigt dans la plaie grande ouverte au flanc du Christ ressuscité. Cette plaie viendrait du coup de lance qu’un soldat romain, voulant sans doute s’assurer que Jésus était bien mort, lui aurait porté entre les côtes - du moins à en croire Jean qui rapporte la scène dans son Évangile : L’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et aussitôt il sortit du sang et de l’eau. Cette blessure, plus ou moins sanguinolente fait, comme on sait, partie de la tradition iconographique du Christ en croix dans l’occident chrétien. Mais, chose étonnante, alors que Jean ne dit rien du côté où le coup fut donné, pourquoi faut-il qu’à travers des siècles et des siècles d’imagerie, cette blessure ait été continument située à droite, alors que, pour que le coup soit mortel, il aurait fallu que la lance frappe à gauche, en plein cœur ?

Cette énigme donna naissance à toutes sortes d’hypothèses, notamment à celle selon laquelle Jésus de Nazareth ne serait pas mort sur la croix mais qu’il serait tombé dans un état cataleptique qui l’aurait mis dans un état de mort apparente.

Mon propos ici n’est pas d’entrer dans des débats théologiques (je n’ai en cette matière aucune compétence !), encore moins de désacraliser et de dé-symboliser les textes bibliques par une rationalisation inappropriée et, en l’occurrence, absurde. Non ! Mon propos  est, à partir d’une autre énigme : « comment le haïtiens peuvent-ils passer de la messe dominicale du matin à la cérémonie vaudou du soir ? » tenter de mettre en lumière l’arrière plan fantasmatique de  nos propres croyances. Et s’il n’y avait d’un rituel à l’autre aucune solution de continuité ? Et si  le Christ, plongé dans un coma profond par l’asphyxie provoquée par la crucifixion, revenait à la vie comme le zombie réanimé par le sorcier ?

Et si…

Peut-être faut-il regarder du côté du fantasme de l’inhumation  prématurée qui hante la pensée occidentale depuis la plus haute antiquité.


FRAC

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13002, Marseille

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