SAMEDI 7 NOVEMBRE

Cinéma des Variétés - 18h

«La Chorégraphie du pire : tant bien que mal, les zombies dans le cadre»

Avec Karim Charredib, maître de conférence en cinéma et essayiste, et Rafik Djoumi, journaliste culture et essayiste.

Conceptualisé en réaction à la situation d’esclavage sur une île des Caraïbes, Haïti, le zombie a ressurgi dans la mythologie contemporaine qu’instaure le cinéma par un lent envahissement des écrans, dès White Zombie (1932). Ici s’opère déjà un déplacement – des Caraïbes vers les États-Unis, de l’insulaire au continental – et les morts-vivants vont peu à peu incarner une critique du monde occidental moderne par une mise en scène des corps qui n’est pas sans lien avec la violence produite dans le cinéma burlesque américain de l’époque (Buster Keaton, Charlie Chaplin, etc.).
 

Dans les années soixante, la seconde vague de films de zombies, introduite notamment par La Nuit des morts-vivants en 1968, modifie le paradigme et s’empare du motif pour en faire une figure de la modernité cinématographique. Émancipés de la tradition, ils errent dans le cadre et mettent en danger les stratégies narratives que sont les situations, les actions et les mots (Pontypool) par une chorégraphie du pire que sont les déambulations, chutes et autres maladresses, à l’image d’une comédie musicale ratée. Tout autant victimes que monstres, les zombies reconfigurent la hiérarchie des plans : désormais, l’arrière-plan est une présence menaçante capable de renverser le premier plan et le cadre cinématographique devient le lieu de performances macabres où les corps virevoltent et se déchirent par la dévoration de l’esthétique gore (Brain Dead). Alors qu’ils accélèrent sur un mode hystérique (de 28 jours plus tard à World War Z), les zombies incarnent paradoxalement, notamment sur le mode parodique (One Cut of the Dead, Zombieland, The Dead Don’t Die), l’état d’un monde arrivé à bout de souffle duquel l’humain serait à exclure, incitant à penser dans cette créature une proposition de posthumanité, aussi erratique, titubante et chaotique soit-elle.

Suivi par
«Evil dead II»

Sam Raimi, 1981 (85mn).

Cinéma des Variétés

Entrée libre - Réservation fortement conseillée à resa.popphilo@gmail.com ou 04 91 90 08 55
Adresse : 37 rue Vincent Scotto 13001 Marseille

Les Rencontres place publique

1 place Lorette

13002, Marseille

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