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LA SAISON XVII EN VIDÉO

« Complexité, populisme et impuissance », Estelle Ferrarese sur la sociologie de Niklas Luhmann

Il y a 45 ans, le sociologue allemand Niklas Luhmann décrivait la société comme étant devenue si complexe que les êtres humains se trouvent rejetés dans son environnement. Ils ne l'organisent pas, ils ne sont même pas en mesure d'avoir une influence sur elle, que ce soit sur le plan individuel ou collectif. De manière parfaitement autonome, le système social se reproduit et évolue en fonction desa propre logique, déconnectée des corps, des attentes, des consciences humaines. L'individu pour sa part, longtemps tenu dans la tradition humaniste pour l’élément ultime, indivisible de la société, est désormais « désagrégé » en rôles et en actions. Il n'est qu'une fiction. Aujourd'hui, tout se passe comme si différents courants politiques, souvent regroupés sous la catégorie de populisme, remettaient en cause la réalité de cette complexité, sans rien toucher à sa structure ou à sa logique. Ils développent des discours qui découpent dans les faits des causes et des effets unilatéraux, effacent toute forme de contingence et rendent faussement une puissance causale aux individus ou à certains d'entre eux. Comment comprendre alors, avec Luhmann, ce renversement illusoire de la logique de la modernité ?

« La philosophie et la haine de la démocratie » avec Barbara Stiegler

Nous sommes dans une situation paradoxale. Partout et en tout temps, nous nous proclamons tous démocrates. Mais si on s’arrête un instant pour réfléchir au sens de ce mot, le scepticisme soudain nous envahit. Le peuple qui serait au pouvoir ? Vraiment ? Le pays n’est-il pas trop grand ? Les passions de la foule trop dangereuses ? Les questions du monde trop complexes ? Le peuple n’est-il pas le plus dangereux des tyrans ? Toute notre tradition de pensée, venue de Platon, adversaire résolu de la démocratie, et aussi d’Aristote qui ne croyait qu’au régime mixte pour conjurer la domination des pauvres, en passant par les tenants libéraux du « gouvernement représentatif » alimente notre démophobie, nous enfermant dans une authentique névrose. Brandissant sans cesse la démocratie en étendard, sourdement nous la craignons, comme le plus dangereux des régimes. Une fois ce diagnostic posé, quel chemin emprunter ensemble ? Faut-il renoncer à la démocratie ou espérer qu’elle advienne ? Cette dernière hypothèse implique une autre condition : celle d’une transformation profonde de la philosophie.


18 septembre 2025, Tiers Lab des Transitions.

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