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LA SAISON XVII EN VIDÉO
Éloge de la complexité

« Complexité, populisme et impuissance », Estelle Ferrarese sur la sociologie de Niklas Luhmann


En préfiguration, 18 septembre 2025, Tiers Lab des Transitions.

Il y a 45 ans, le sociologue allemand Niklas Luhmann décrivait la société comme étant devenue si complexe que les êtres humains se trouvent rejetés dans son environnement. Ils ne l'organisent pas, ils ne sont même pas en mesure d'avoir une influence sur elle, que ce soit sur le plan individuel ou collectif. De manière parfaitement autonome, le système social se reproduit et évolue en fonction desa propre logique, déconnectée des corps, des attentes, des consciences humaines. L'individu pour sa part, longtemps tenu dans la tradition humaniste pour l’élément ultime, indivisible de la société, est désormais « désagrégé » en rôles et en actions. Il n'est qu'une fiction. Aujourd'hui, tout se passe comme si différents courants politiques, souvent regroupés sous la catégorie de populisme, remettaient en cause la réalité de cette complexité, sans rien toucher à sa structure ou à sa logique. Ils développent des discours qui découpent dans les faits des causes et des effets unilatéraux, effacent toute forme de contingence et rendent faussement une puissance causale aux individus ou à certains d'entre eux. Comment comprendre alors, avec Luhmann, ce renversement illusoire de la logique de la modernité ?

« Le référendum en question », Michel Wieviorka, Magali Della Sudda, Antoine Chollet


Soirée d'ouverture, 11 octobre 2025, Ancien sanatorium hélio-marin Jean Martin

Lors de cette soirée inaugurale en partenariat avec la revue Esprit et l'AP-HM, la Semaine de la Pop Philosophie présente « Le référendum en question ». Lorsqu’il est convoqué sans nuance ni pédagogie, le référendum devient moins un outil d’expression raisonnée qu’un exutoire émotionnel : un vote d’humeur, souvent déconnecté de l’enjeu réel, parfois guidé par le ressentiment envers les institutions ou les élites. Ce que l’on présente comme une volonté de « faire parler le peuple » peut alors se muer en une opération de dépolitisation du débat. À force de simplifier des problématiques fondamentalement complexes — juridiques, économiques, écologiques ou éthiques — on risque non seulement de fausser la compréhension des enjeux, mais aussi d’effacer les conditions mêmes du débat démocratique : l’échange d’arguments, la délibération, la reconnaissance des incertitudes. Magali Della Sudda, sociologue, Michel Wieviorka, sociologue, et Antoine Chollet, théoricien politique, sont invités à nous proposer chacune et chacun leur réflexion sur cette question qui, en France, ne laisse personne indifférent. Ils sont interrogés par Mathieu Garling, assistant à la programmation de la Semaine de la Pop Philosophie 2025.

« Comment déjouer la mécanique des fausses croyances ? », Séverine Falkowicz, Alexander Samuel


13 octobre 2025, Archives et Bibliothèques départementales Gaston Defferre.

Quand la vérité ne triomphe plus, comment déjouer la mécanique des fausses croyances ? Comment démêler le vrai du faux, face au flux constant d’informations auquel nous sommes confrontés ? Fake news, théories du complot, désinformation, conseils bien intentionnés du voisin… De fausses croyances s’immiscent dans nos jugements et portent atteinte à nos libertés, de l’adoption d’attitudes ou de comportements contraires à nos intérêts (valeurs, objectifs, etc.) jusqu’à l’adhésion, parfois, à des idées conspirationnistes. Sur la base de la psychologie sociale, nous pouvons cependant définir de “bonnes pratiques” afin de développer notre esprit critique et de mieux communiquer avec les autres : des outils concrets seront présentés afin de trier au mieux l’information et d’éviter les pièges et manipulations. Au-delà de cette autodéfense intellectuelle, nous évoquerons les éléments de contexte impliqués dans les processus d’influence sociale. (Séverine Falkowicz)

« De quoi les fake news sont-elles le nom », Julien Giry

13 octobre 2025, Archives et Bibliothèques départementales Gaston Defferre.

« Désignée « mot de l’année 2017 » par le dictionnaire Collins, la formule fake news, notamment en raison des usages qui en sont faits par le président Trump, n’en finit pas d’alimenter les débats au sein des sciences sociales. S’agit-il d’un fait nouveau ou d’un simple mot-valise à la mode recouvrant d’autres phénomènes mieux connus et étudiés tels que les rumeurs, les théories du complot, la propagande ou la désinformation ? En d’autres termes, l’expression fake news est-elle un concept opératoire pour les sciences sociales ? Partant de cette interrogation, cette communication entend procéder à un effort de cadrage autour de cette formule afin d’en faire une catégorie et un outil analytiques d’un fait social relativement autonome dans la mesure où, outre sa dimension profondément info-communicationnelle, elle se situe au carrefour des différentes notions citées précédemment, sans toutefois les recouper pleinement ». (Julien Giry)

« Où va l'humanité ? », Marc Halévy


15 octobre 2025, Bibliothèque de l'Alcazar.

En réponse à l’effondrement des sciences «mécanicistes» dites « modernes » (nées à la Renaissance et en plein chaos aujourd’hui), il faut clairement affirmer que le cosmos n’est pas une mécanique : ⦁ il est un organisme unique, unitaire et unitif (une Unité effective atemporelle), globalement Vivant et totalement irréversible ; ⦁ qui est doté d’un projet d’accomplissement de lui-même (son Intentionnalité) et qui, pour ce faire, génère des processus étagés en «poupées russes» intriquées ; ⦁ qui s’engendre des ressources (une Substantialité) dont tout procède et qui s’exprime en termes de prématière ondulatoire, de protomatière particulaire de la matière tangible ; ⦁ et qui se donne de lois, règles et normes (sa Logicité) afin de dissiper optimalement les tensions produites par les multiples bipolarités qui la composent ; ⦁ in fine, cette Unité, cette Intentionnalité, cette Substantialité et cette Logicité convergent vers un processus cosmique de Constructivité : construire l’accomplissement du Tout en passant par une multitude d’accomplissements partiels, momentanés et locaux. Tout ce qui existe est un processus particulier émergeant du processus cosmique et destiné à contribuer optimalement à l’accomplissement de celui-ci. (Marc Halévy)

« La philosophie et la haine de la démocratie » avec Barbara Stiegler

Nous sommes dans une situation paradoxale. Partout et en tout temps, nous nous proclamons tous démocrates. Mais si on s’arrête un instant pour réfléchir au sens de ce mot, le scepticisme soudain nous envahit. Le peuple qui serait au pouvoir ? Vraiment ? Le pays n’est-il pas trop grand ? Les passions de la foule trop dangereuses ? Les questions du monde trop complexes ? Le peuple n’est-il pas le plus dangereux des tyrans ? Toute notre tradition de pensée, venue de Platon, adversaire résolu de la démocratie, et aussi d’Aristote qui ne croyait qu’au régime mixte pour conjurer la domination des pauvres, en passant par les tenants libéraux du « gouvernement représentatif » alimente notre démophobie, nous enfermant dans une authentique névrose. Brandissant sans cesse la démocratie en étendard, sourdement nous la craignons, comme le plus dangereux des régimes. Une fois ce diagnostic posé, quel chemin emprunter ensemble ? Faut-il renoncer à la démocratie ou espérer qu’elle advienne ? Cette dernière hypothèse implique une autre condition : celle d’une transformation profonde de la philosophie.


15 octobre 2025, Bibliothèque de l'Alcazar.

« L'art de la complexité : Edgar Morin, Don Quichotte, et nous», soirée Pop Philosophie au Mucem


16 octobre 2025, Mucem.

Soirée spéciale "L'art de la complexité, Edgar Morin, Don Quichotte, et nous", au Mucem, avec : - la diffusion d'un entretien avec Edgar Morin, suivie d'une discussion avec Abdel Aouacheria, biologiste - une conférence de Françoise Gaillard, historienne des idées, "Don Quichotte et la complexité" - une rencontre "Le courage de la nuance" avec le journaliste Jean Birnbaum autour de son dernier ouvrage, La force d'être juste.

« Comment déjouer la mécanique des fausses croyances ? », Séverine Falkowicz, Alexander Samuel

Quand la vérité ne triomphe plus, comment déjouer la mécanique des fausses croyances ? Comment démêler le vrai du faux, face au flux constant d’informations auquel nous sommes confrontés ? Fake news, théories du complot, désinformation, conseils bien intentionnés du voisin… De fausses croyances s’immiscent dans nos jugements et portent atteinte à nos libertés, de l’adoption d’attitudes ou de comportements contraires à nos intérêts (valeurs, objectifs, etc.) jusqu’à l’adhésion, parfois, à des idées conspirationnistes. Sur la base de la psychologie sociale, nous pouvons cependant définir de “bonnes pratiques” afin de développer notre esprit critique et de mieux communiquer avec les autres : des outils concrets seront présentés afin de trier au mieux l’information et d’éviter les pièges et manipulations. Au-delà de cette autodéfense intellectuelle, nous évoquerons les éléments de contexte impliqués dans les processus d’influence sociale. (Séverine Falkowicz)


13 octobre 2025, Archives et Bibliothèques départementales Gaston Defferre.

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