LA SAISON XVII EN VIDÉO
« Complexité, populisme et impuissance », Estelle Ferrarese sur la sociologie de Niklas Luhmann
« La philosophie et la haine de la démocratie » avec Barbara Stiegler
Nous sommes dans une situation paradoxale. Partout et en tout temps, nous nous proclamons tous démocrates. Mais si on s’arrête un instant pour réfléchir au sens de ce mot, le scepticisme soudain nous envahit. Le peuple qui serait au pouvoir ? Vraiment ? Le pays n’est-il pas trop grand ? Les passions de la foule trop dangereuses ? Les questions du monde trop complexes ? Le peuple n’est-il pas le plus dangereux des tyrans ? Toute notre tradition de pensée, venue de Platon, adversaire résolu de la démocratie, et aussi d’Aristote qui ne croyait qu’au régime mixte pour conjurer la domination des pauvres, en passant par les tenants libéraux du « gouvernement représentatif » alimente notre démophobie, nous enfermant dans une authentique névrose. Brandissant sans cesse la démocratie en étendard, sourdement nous la craignons, comme le plus dangereux des régimes. Une fois ce diagnostic posé, quel chemin emprunter ensemble ? Faut-il renoncer à la démocratie ou espérer qu’elle advienne ? Cette dernière hypothèse implique une autre condition : celle d’une transformation profonde de la philosophie.
18 septembre 2025, Tiers Lab des Transitions.
